Algérie

  • Algérie: le séisme d’un pétrole à vingt dollars

    Les conséquences de l’effondrement du prix du brut sont considérables pour des régimes politiques, type l’Algérie, qui achetaient la paix sociale grâce à la rente pétrolière.

    Un article de Jérôme Marin dans la Tribune  

    Retombé mercredi sous la barre des 20 dollars à New York (avant de repartir à la hausse jeudi), le baril de pétrole n’avait plus évolué à de tels niveaux depuis 2002. En chute libre depuis le début de l’année – en janvier, le brut cotait à plus de 60 dollars -, les cours sont victimes d’un double choc. Un choc de demande, d’abord, précipité par l’épidémie de coronavirus et ses conséquences sur l’économie. Un choc d’offre, ensuite, en raison du conflit opposant l’Arabie saoudite et la Russie, deux des trois plus gros producteurs mondiaux, après l’échec de leurs négociations pour réduire la production afin de soutenir les cours.

    Voici une revue de détail des conséquences.

    Conséquence la plus visible du plongeon des cours du brut: les prix à la pompe. En France, le litre de diesel affiche une baisse proche des 20 centimes depuis le début de l’année, touchant son plus bas niveau depuis 2017. Le repli est plus limité pour l’essence (environ 13 centimes). Cette chute reste cependant moins marquée que l’évolution du baril. Pour deux raisons. D’abord, parce que les taxes représentent une part importante de la facture payée par les consommateurs. Ensuite, parce que l’ajustement des prix à la pompe prend du temps à se matérialiser. Ces derniers devraient donc poursuivre leur baisse.

    Après le refus de Moscou de baisser sa production, Riyad a riposté en baissant ses prix de vente et en augmentant fortement sa production. A 20 dollars le baril, l’Arabie saoudite ne perd pas d’argent: la production d’un baril ne lui coûte que 2,80 dollars. Mais le régime a aussi besoin d’un baril à plus de 80 dollars pour équilibrer son budget. Et pour mener ses ambitieux plans de diversification de l’économie. En Russie, les coûts de production sont nettement plus élevés, au-delà des 20 dollars. Mais le budget peut être équilibré avec un cours évoluant entre 40 et 50 dollars. Si les deux pays disposent, en outre, de marges de manœuvres financières, ils ne pourront cependant pas résister sur la durée, estiment les observateurs. Reste à savoir lequel cédera le premier.

    Après des années fastes, le pétrole de schiste américain traversait déjà une période difficile. L’effondrement des cours pourrait donc être fatal à de nombreuses entreprises du secteur, qui ont besoin, en moyenne, d’un baril autour de 50 dollars pour être rentables. Certes, des efforts sur les coûts, comme ceux réalisés en 2014, pourraient permettre d’abaisser ce seuil. Mais le secteur s’est aussi fortement endetté: il devra rembourser 86 milliards d’emprunts sur les quatre prochaines années, selon les calculs de l’agence Moody’s. Sans compter que ces sociétés doivent sans cesse creuser pour maintenir leur production. Et donc sans cesse investir. Pour aider les acteurs les plus fragiles, le gouvernement américain envisage un plan d’aide. Un enjeu crucial pour maintenir l’indépendance énergétique américaine.

    Au-delà des trois mastodontes du marché, la chute des prix pourraient avoir des conséquences bien plus dramatiques pour les autres pays producteurs. Et plus particulièrement pour les pays émergents, dont le budget repose grandement sur les recettes liées au pétrole. En Afrique, l’Algérie, le Nigéria ou encore l’Angola pourraient être les victimes collatérales du coronavirus et du conflit entre Riyad et Moscou. L’Irak, l’Iran, la Libye ou encore le Venezuela sont également concernés. Si les cours ne remontent pas rapidement, tous ces pays devront certainement prendre des mesures drastiques d’austérité, qui pourraient se traduire en crise sociale. Voire même en crise politique.

    Première conséquence pour les six majors occidentales du pétrole: une forte chute boursière. Depuis le début de l’année, leurs titres ont chuté entre 50% et 60%. Un baril à 20 dollars menace désormais leur rentabilité. Et devrait se traduire par une forte baisse des dépenses d’investissements, au moins à court terme en attendant un rebond des cours. Si les cours ne remontent pas, se posera certainement la question des généreux dividendes versés aux actionnaires. Mais la marge de manœuvre est étroite pour ne pas précipiter une nouvelle baisse en Bourse. L’impact s’annonce encore plus catastrophique pour les groupes parapétroliers, qui souffriront de la baisse des investissements.

     

    source: https://mondafrique.com/algerie-le-seisme-dun-petrole-a-vingt-dollars/

     

    Continuer
  • Coronavirus : l’Algérie ferme ses mosquées et ses frontières

    Le gouvernement algérien, par la voix du ministre des Affaires religieuses, Youcef Belmehdi, a annoncé mardi 17 mars, la fermeture des mosquées à travers tout le territoire algérien dès mercredi 18 mars afin de prévenir la propagation à grande échelle du coronavirus.

    Cette fermeture implique la suspension de la prière du vendredi dans les mosquées, qui peuvent néanmoins maintiennent l’appel à la prière (adhan).

    Cette décision, visant à « éviter à notre pays d’atteindre le degré de propagation de la pandémie enregistré dans d’autres pays », complète une série de mesures annoncées par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, pour freiner la propagation du coronavirus. Quelque 60 cas avérés de contamination au coronavirus ont été recensés en Algérie.

    Les autorités ont ainsi décidé de fermer ses frontières terrestres avec la Tunisie, ceux avec le Maroc, la Libye, le Niger et le Mali étant déjà fermés, rapporte El Watan. Cette mesure drastique s'ajoute à celle consistant à suspendre toutes les liaisons aériennes et maritimes à destination ou en provenance de l’Europe dès jeudi 19 mars.

    Tout rassemblement « quelles que soient leur forme et leur nature » est également interdit en Algérie. Des personnalités du mouvement de contestation populaire (Hirak) ont appelé à suspendre les manifestations.

     

    source: https://www.saphirnews.com/Coronavirus-l-Algerie-ferme-ses-mosquees-et-ses-frontieres_a26983.html

    Continuer
  • L’effondrement du pétrole menace l’Algérie d’une grave crise

    Avec la chute des cours du pétrole, "la situation est critique" pour l'économie algérienne, très dépendante des hydrocarbures.

    L'Algérie traverse une mauvaise passe. Avec l'effondrement récent des cours du pétrole, la situation est "critique" pour cette économie dépendante de la rente de l'or noir, avertit le professeur Mourad Preure, un spécialiste algérien des hydrocarbures et ancien dirigeant du groupe public pétrolier Sonatrach. Au-delà de l'Algérie, la chute des prix du Brent rend "envisageables" les scénarios "les plus pessimistes" pour l'économie mondiale, pour ce géopoliticien de l'énergie.

    "L'Algérie est excessivement exposée aux fluctuations du marché pétrolier du fait de la faible diversification de son économie", selon l'expert, interrogé par l'AFP, qui souligne que l'impact sera "très fort avec des recettes d'hydrocarbures déjà en deçà des besoins". Selon toute vraisemblance, ces recettes en 2020 vont se situer dans un créneau entre 34 milliards de dollars, soit leur niveau actuel, et plus ou moins 20 milliards de dollars, selon les évolutions possibles de la crise. Dans tous les cas, la situation est critique, selon lui. Elle impose, d'abord, un effort rigoureux d'anticipation des menaces mais aussi des opportunités, car toute crise recèle des opportunités".

    "Il est clair que, parmi les priorités, figurent une puissante accélération des réformes économiques, une profonde modernisation de la gouvernance et une amélioration du climat des affaires. L'Algérie, toutes proportions gardées, a les moyens, notamment financiers, et des avantages comparatifs naturels, pour surmonter cette crise. Mais il lui faut une stratégie novatrice: diversifier l'économie et aller vers la transition énergétique", plaide Mourad Preure.

    Un risque d'effondrement de l'économie mondiale

    "Nous sommes face à un véritable choc baissier, plus grave encore qu'en 2014. Ce choc survient dans un contexte exceptionnel. L'économie chinoise subit un sévère ralentissement qui a un effet déflagrant sur l'industrie pétrolière mondiale. Dans ce contexte, où il y a une surabondance de l'offre (de pétrole) et où la demande ralentit, les scénarios les plus pessimistes sont envisageables, selon l'expert.

    Une diffusion plus large de l'épidémie pourrait même conduire à +un collapsus+ de l'économie mondiale. Nous sommes dans une situation de grande imprévisibilité. De fait, le "consensus d'Alger" qui avait réuni en 2016 les pays de l'Opep et des pays non Opep, avec à leur tête la Russie, n'a pas résisté à cette crise.

    En effet, le partage des sacrifices consécutifs à une baisse de la production pour soutenir les prix est différent, vu le niveau de vulnérabilité plus fort de l'Arabie saoudite et des autres membres de l'Opep par rapport à la Russie, dont l'économie est plus diversifiée et qui peut se suffire d'un baril à 42,4 dollars (ndlr: Moscou a basé ses prévisions budgétaires 2020 sur un baril de Brent à 42,4 dollars).

    La guerre des prix engagée inconsidérément par l'Arabie Saoudite, comme chaque fois dans l'histoire, se conclura encore par un affaiblissement des pays producteurs. Et des niveaux de prix en dessous de 30 dollars le baril ne sont plus à exclure.

    Certes, on peut anticiper un retour de la Russie à la table des négociations et un ralentissement de la production américaine. Mais les incertitudes, excessivement fortes, quant à l'évolution de l'économie mondiale, orientent les marchés qui tendent à surréagir aux crises, entraînant un +effet papillon+, vers un enchaînement chaotique qui risque fort d'être inédit dans l'Histoire".

     

    source: https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/leffondrement-du-p%c3%a9trole-menace-lalg%c3%a9rie-dune-grave-crise/ar-BB10ZWdz?li=AAaCKnE&ocid=UP97DHP

    Continuer
  • Algérie : nouveau séisme de 4.3 degrés sur l’échelle de Richter

    Décidément, les tremblements de terre sont de plus en plus fréquents au Nord de l’Algérie. Quelques jours à peine après une secousse tellurique de magnitude 3.6 degrés sur l’échelle ouverte de Richter, la région balnéaire de Jijel a enregistré, ce vendredi 21 février, un nouveau séisme, plus puissant que le précédent.

    Selon le Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (CRAAG), la nouvelle secousse a eu lieu à 2h55 ce vendredi matin. Et l’épicentre a été localisé à quatre kilomètres au Nord-est de la localité côtière d’El Aouana, dans la wilaya de Jijel. C’est à moins de 40 kilomètres à l’Est de la wilaya limitrophe de Bejaïa, en Kabylie.

    Aussi, selon la même source, le tremblement de terre enregistré avait une magnitude de 4.3 degrés sur l’échelle ouverte de Richter. A noter enfin que la secousse en question n’a fait aucun dégât matériel, ni humain. Même si elle a été ressentie à des dizaines de kilomètres à la ronde.

     

    Pour rappel, la même localité a enregistré, mercredi 19 février, un autre séisme de magnitude 3.6 sur l’échelle ouverte de Richter. Un tremblement de terre plus fort, 4.9 degrés, a également frappé cette région le 24 janvier dernier, selon les précisions du CRAAG, qui a signalé de nombreux autres secousses, notamment en Kabylie. Comme le 15 janvier qui a vu deux séismes successifs frapper la localité côtière de Dellys, en Kabylie. Avec cinq minutes d’écart, les deux secousses étaient de magnitude 3.1 et 3.2 degrés, et n’ont fait aucun dégât.

     

    sourcehttps://www.observalgerie.com/algerie-nouveau-seisme-de-4-3-degres-sur-lechelle-de-richter/2020/

    Continuer
  • Algérie : le patron du premier groupe de médias privé, Anis Rahmani, écroué

    Le puissant propriétaire et PDG du plus important groupe de médias privé algérien Ennahar, Anis Rahmani, personnalité longtemps proche du clan du président déchu Abdelaziz Bouteflika, a été placé ce 14 février en détention provisoire, a annoncé Ennahar TV (lien en arabe). Anis Rahmani, journaliste de 49 ans, a été arrêté et placé en garde à vue deux jours plus tôt (le 12) dans le cadre d'une enquête le visant pour des faits de corruption. 

    "Le juge d'instruction (...) a ordonné le placement de notre collègue et directeur Anis Rahmani en détention provisoire", a indiqué la chaîne du groupe Ennahar, sans préciser les chefs d'inculpation retenus contre lui.

    Selon plusieurs médias privés, Anis Rahmani, de son véritable nom Mohamed Mokkedem, est soupçonné d'"infraction à la législation des changes", de "chantage pour l'obtention d'avantages indus", d'"abus de pouvoir" et de "détention de comptes bancaires à l'étranger".

    Fox News à l'algérienne

    Personnage controversé, Anis Rahmani a longtemps entretenu des liens étroits au sein de la classe politique et sécuritaire en Algérie, particulièrement avec le clan entourant Abdelaziz Bouteflika. Il est accusé d'avoir mis son groupe au service de M. Bouteflika, jusqu'à la démission de ce dernier le 2 avril 2019, acculé au départ par un mouvement de contestation populaire inédit.

    Fondée en 2012, Ennahar TV, chaîne d'information en continu, est largement perçue en Algérie comme un média "officieux" des autorités. Les télévisions privées, ironiquement surnommées "off-shore", sont de droit étranger, mais installées en Algérie. Elles sont tolérées, mais dépendent du bon vouloir du régime pour leur autorisation d'émettre. Ce qui expliquerait leur frilosité à aller contre le discours officiel. 

    Pour de nombreux journalistes et manifestants algériens, le clan de Bouteflika utilisait cette chaîne, surnommée Fox News, pour régler ses comptes avec ses adversaires. Ce qui lui a voulu de nombreux procès. Fin décembre, Anis Rahmani et un journaliste d'Ennahar avaient été condamnés à six mois de prison ferme pour "offense et diffamation" à l'encontre du  général à la retraite Hocine Benhadid qui était à l'époque en prison. Et le 10 février, un tribunal d'Alger a condamné Ennahar TV à verser une amende à l'ancien chef de la délégation olympique algérienne aux Jeux Olymiques de Rio de Janeiro en 2016, Amar Brahmia, et à sa famille, également pour "diffamation".

    Règlements de comptes 

    Anis Rahmani semble être une nouvelle victime de la vaste campagne anticorruption lancée après la démission forcée d'Abdelaziz Bouteflika et perçue par des observateurs comme offrant le double avantage de satisfaire la contestation en lui offrant des "têtes", tout en réglant des comptes dans les clans s'affrontant au sein du régime.

    Cette campagne a déjà conduit en prison des dirigeants politiques – dont d'anciens ministres et Premiers ministres – et de riches hommes d'affaires. En décembre 2019, deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ont écopé de 15 et 12 ans de prison pour diverses malversations liées à des marchés publics dans un premier dossier. Ali Haddad, ex-président de la principale organisation patronale d'Algérie et symbole des liens troubles tissés entre le pouvoir et les "oligarques" sous la présidence Bouteflika, a été quant à lui condamné à 7 ans de prison dans ce même dossier, mais reste lui aussi inculpé dans d'autres affaires.

     

    source: https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/politique-africaine/algerie-le-patron-du-premier-groupe-de-medias-prive-anis-rahmani-ecroue_3826083.html

    Continuer

Nouveaux Articles

Populaires