Catastrophes Naturelles

  • Incendies en Californie : « On touche à la limite de ce que l’homme peut contre la nature »

    Près de 74 000 hectares de végétation ont brûlé dans l’ouest des Etats-Unis depuis le 23 octobre. Jérôme Laval, qui combat les feux à bord de son avion depuis plus de 20 ans, témoigne de l’aggravation des conditions climatiques.

    A écouter Jérôme Laval, difficile de deviner ce que serait cette nouvelle journée sur le front des incendies dans le nord de la Californie. Mercredi 30 octobre, les avions de reconnaissance étaient partis à l’aube de la base d’Ukiah, située à 200 kilomètres au nord de San Francisco. Le pilote français attendait l’ordre de faire décoller vers l’objectif qui lui serait désigné son Grumman S-2 Tracker, portant le numéro 85, chargé de 4 tonnes de produit retardant, un cocktail chimique qui permet de retarder l’avancée des flammes.

    Au sol, plus de 4 000 pompiers bataillaient toujours contre la demi-douzaine de feux qui ravagent principalement la région de Sonoma, renommée pour ses vignobles. Le plus important brasier, baptisé Kincade Fire, était contenu, du moins près des zones habitées, mais les vents forts annoncés par la météo laissaient présager de nouveaux départs. Près de 74 000 hectares de végétation sont déjà partis en fumée depuis le 23 octobre et 123 bâtiments ou habitations ont été détruits par les flammes. 185 000 personnes ont dû être évacuées. Mais aucune victime n’est à ce jour à déplorer.

    Agé de 52 ans, Jérôme Laval combat chaque année les incendies dans cette région depuis 1996. Une expérience suffisante pour constater une aggravation d’année en année. « La saison des feux se rallonge, constate-t-il. Dans le nord de la Californie, elle est passée de quatre mois à six mois et se décale vers l’hiver. Dans le sud de l’Etat, les pompiers sont désormais en alerte toute l’année. » La faute à la sécheresse qui s’amplifie et aux vents de plus en plus récurrents avec le temps. « Il y a une accélération, clairement un autre cycle du climat », conclut-il.

    Black-out répétés

    En 2018, le pilote français avait été rappelé en urgence quand s’était déclaré le gigantesque incendie Camp Fire, qui avait détruit la petite ville de Paradise et fait 85 morts. Cette année, la saison avait été plus calme. « Mais cela fait quatre mois sans une goutte de pluie. La végétation a desséché et il y a des vents du nord, de type mistral, avec des rafales à 150 kilomètres à l’heure. Dans ces conditions, à la moindre étincelle, cela part. »

    Principal accusé, selon les habitants, le distributeur d’électricité Pacific Gaz and Electric Co (PG & E) dont les installations vétustes sont inadaptées à la nouvelle donne climatique et aux bourrasques de plus en plus fortes. « Les lignes à haute tension ne sont pas forcément bien protégées », remarque Jérôme Laval. D’où les coupures préventives opérées par le distributeur, par ailleurs au bord de la faillite. Près de 3 millions d’habitants sont sans électricité et l’activité économique est en partie paralysée. Ces black-out répétés plongent dans le noir une partie de l’Etat, exaspèrent la population et lui rappellent en même temps la fragilité de son mode de vie.

    A Ukiah, Jérôme Laval enchaîne, six jours sur sept, des vacations de 14 heures où il peut voler jusqu’à sept heures durant sur le numéro 85. « J’ai le sentiment de faire un métier utile. Je sauve des vies et des habitations », explique-t-il. Jusqu’à 25 avions et 50 hélicoptères peuvent être mobilisés. Mais cette impressionnante logistique trouve ses limites. « On se retrouve parfois face à des feux monstrueux, déments, assure-t-il. On touche alors à la limite de ce que l’homme peut contre la nature. »

     

    source: https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/10/31/incendies-en-californie-on-touche-a-la-limite-de-ce-que-l-homme-peut-contre-la-nature_6017578_3244.html

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  • CALIFORNIE : Une importante faille tectonique s'active pour la première fois depuis un demi-millénaire

    Les scientifiques californiens sont inquiets. Et pour cause, ils ont détecté la semaine dernière des mouvements d'une grande faille tectonique, ce qui n'avait pas eu lieu depuis 500 ans et qui pourrait être annonciateur d'un séisme redoutable, le fameux «Big One».

    L'étude publiée par la prestigieuse revue Science, alerte sur le mouvement de la faille de Garlock. Celle-ci est longue de 250 km et court notamment sous le désert des Mojaves, dans le sud de la Californie.

    «LES FAILLES "DIALOGUENT" ENTRE ELLES»

    En «sommeil» depuis cinq siècles environ, elle a bougé de plusieurs centimètres en un an. Un réveil causé par des tremblements de terre qui ont eu lieu ces derniers mois à proximité de la ville de Ridgecrest. Certains de ces séismes ont été relativement puissants, puisqu'ils ont atteint la magnitude de 7,1.

    «Nous savons que les failles "dialoguent" les unes avec les autres», a expliqué Richard Allen, le directeur du laboratoire de sismologie de Berkeley, l'université de Californie. Grâce à des images satellites, les scientifiques ont ainsi remarqué les mouvements de la faille de Garlock.

    source: https://www.cnews.fr/monde/2019-10-25/californie-une-importante-faille-tectonique-sactive-pour-la-premiere-fois-depuis-un

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