Liban

  • Liban: premier cas de décès du nouveau coronavirus

    Le Liban a enregistré mardi 10 mars son premier décès du nouveau coronavirus sur les 52 cas de contamination recensés, a confirmé à l'AFP un responsable du ministère de la Santé.

    Il s'agit d'un Libanais de 56 ans qui était rentré d'Egypte et se trouvait dans un état «très critique» dans un hôpital gouvernemental à Beyrouth, a indiqué le responsable sous le couvert de l'anonymat. Le quinquagénaire, décédé ce matin, faisait partie de quatre cas critiques placés en quarantaine à l'hôpital Rafic Hariri.

    Suspension des rassemblements religieux

    Les autorités ont annoncé mardi avoir recensé 11 nouveaux cas dans les dernières 24 heures, portant à 52 le chiffre total de patients atteint du nouveau coronavirus. Pour éviter une propagation du virus, les autorités libanaises ont adopté une série de mesures. Elles ont ainsi ordonné la fermeture des crèches, écoles, universités et centres sportifs du pays jusqu'au 15 mars.

    Elles ont aussi interdit d'entrée sur le territoire les voyageurs venant de Chine, d'Italie, d'Iran et de Corée du Sud. Cette mesure exclut cependant les ressortissants libanais et des étrangers résidents au Liban.

     

    Les autorités religieuses chiites ont annoncé mardi la suspension de la grande prière hebdomadaire du vendredi et de tout autre rassemblement dans les mosquées, jusqu'à nouvel ordre. Lundi, le gouvernement a ordonné la fermeture des bars et des boîtes de nuit jusqu'à la mi-mars, ainsi que la suspension des concerts et des évènements artistiques. De leur côté, quatre pays du Golfe, l'Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït et Bahreïn ont suspendu à titre «temporaire» les vols en provenance et à destination du Liban.

     

    source: https://www.lefigaro.fr/sciences/liban-premier-cas-de-deces-du-nouveau-coronavirus-20200310

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  • Le Liban annonce le premier défaut de paiement de son histoire

    Le premier ministre libanais a averti que le pays ne serait pas en mesure de rembourser 1,2 milliard de sa dette qui arrive à échéance dans deux jours.

    Le Liban traverse le premier défaut de paiement de son histoire. Le premier ministre Hassan Diab a annoncé, samedi 7 mars, que le pays ne serait pas en mesure de rembourser 1,2 milliard de dollars (1 milliard d’euros) de sa dette qui arrive à échéance dans deux jours.

    Alors qu’il croule sous un endettement de 92 milliards de dollars (81 milliards d’euros) – soit environ 170 % de son produit intérieur brut (PIB) – le pays du Cèdre « va restructurer sa dette conformément à l’intérêt national », a ajouté le chef du gouvernement, désigné fin décembre 2019, plus de deux mois après le début d’un mouvement de contestation inédit contre la classe politique, accusée de corruption et d’incompétence.

    « Nos réserves en devises ont atteint un niveau inquiétant (…), poussant le gouvernement à suspendre [le paiement d’une dette arrivant] à échéance le 9 mars », a déclaré M. Diab dans un discours retransmis en direct par les chaînes locales. « Il s’agit du seul moyen pour stopper l’hémorragie (…) avec le lancement d’un vaste plan de réformes nécessaires », dont une « baisse des dépenses publiques », a ajouté le premier ministre.

    Il s’agit de la première décision majeure du gouvernement, formé en janvier après des semaines de manifestations réclamant le départ d’une classe politique inchangée depuis des décennies et des réformes structurelles.

    Les banques prennent des mesures de restrictions

    Le Liban fait face à sa pire crise économique depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), dans un contexte de récession, de pénurie de liquidités mais aussi de hausse des prix et de chômage persistant.

    Le 9 mars, l’Etat devait en théorie rembourser pour 1,2 milliard d’eurobonds – des bons du Trésor émis en dollar par l’Etat, dont une partie est détenue par des sociétés financières et la Banque centrale du Liban. Deux autres échéances de remboursement sont prévues en avril et juin, pour un montant total de 1,3 milliard de dollars.

    Réuni samedi au palais présidentiel, le conseil des ministres a tranché en faveur d’un non-paiement de sa dette après des semaines de tractations. Peu auparavant, le chef de l’Etat, le premier ministre, le chef du Parlement, le ministre des finances et le gouverneur de la Banque centrale avaient déjà laissé entendre que l’Etat ne rembourserait pas.

    Les banques libanaises, qui détiennent une grande partie de la dette publique – dont près de la moitié des 30 milliards de dollars d’eurobonds émis par le pays –, avaient récemment appelé l’Etat à éviter un défaut de paiement, qui creuserait leur manque de liquidités notamment en dollars. Craignant un épuisement de leurs réserves en devises, elles ont déjà imposé des restrictions drastiques ces derniers mois, plusieurs établissements plafonnant les retraits à 100 dollars par semaine et interdisant les transferts d’argent vers l’étranger.

    Au pays du Cèdre, le dollar est utilisé au quotidien au même titre que la devise locale et les Libanais craignent l’accélération de la perte de valeur de leur monnaie. La livre libanaise, indexée sur le billet vert depuis 1997 au taux fixe de 1 507 livres pour 1 dollar, a récemment frôlé les 2 700 livres pour 1 dollar sur le marché parallèle, poussant la Banque centrale à émettre, vendredi, une circulaire plafonnant le taux dans les bureaux de change à 2 000 livres pour 1 dollar.

    La rue impute la situation actuelle à un cumul de mauvaises politiques au cours des trois dernières décennies. Le pays a commencé à s’endetter massivement à la fin de la guerre civile pour se reconstruire.

    Mais, faute de réformes et de bonne gouvernance, le déficit public s’est creusé, les banques locales ont continué d’acheter des bons du Trésor et la dette publique a bondi de quelques milliards de dollars au début des années 1990 à plus de 90 milliards de dollars.

    Samedi, des manifestants ont défilé dans plusieurs villes du pays, dont Beyrouth et Tyr. « Nous ne devons pas payer le prix des lacunes du gouvernement », a affirmé Nour, une manifestante de 16 ans devant le siège de la Banque centrale du Liban, à Beyrouth.

    A la demande de l’Etat, une mission d’urgence du Fonds monétaire international a été dépêchée en février mais aucune assistance financière de l’institution n’a été annoncée pour le moment.

     

    source: https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/07/le-liban-annonce-le-premier-defaut-de-paiement-de-son-histoire_6032214_3210.html

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  • Liban: début des forages offshore

    Le Liban a donné ce jeudi 27 février 2020 le coup d'envoi de ses premières explorations d'hydrocarbures offshore en Méditerranée, au large de ses côtes. Au bord de l’effondrement économique, le pays mise beaucoup sur ces gisements.

    C’est un consortium emmené par le groupe français Total qui fera le premier forage d’exploration dans le bloc offshore 4. La zone maritime en comporte 10. Le démarrage des opérations en eau profonde est un évènement très attendu par le gouvernement libanais. Il espère y trouver du gaz et du pétrole.

    Une aubaine pour un pays qui traverse une crise économique sans précédent, accentuée par les manifestations contre la classe politique accusée de corruption. C’est aussi une manière de relancer l'économie et de répondre aux besoins énergétiques d'un pays surendetté et habitué aux pénuries chroniques d'électricité.

    Mais rien n’est encore sûr. Il faudra attendre deux mois pour voir si les hydrocarbures sont techniquement et économiquement exploitables dans le bloc 4. Même si c’est le cas, la commercialisation ne commencera pas avant 2027.

    Il y a aussi le litige avec Israël. L’État hébreu conteste les travaux de forage qui devraient être lancés cette année dans le bloc 9 par le consortium mené par Total. Une partie de ce bloc se trouve dans la zone maritime disputée avec Israël, pays avec lequel le Liban est techniquement en état de guerre.

    Pour résoudre ce différend, les deux pays ont accepté la médiation américaine. Total a de son côté assuré que les travaux d'exploration prévus seront « situés à l'extérieur de la zone frontalière de dispute ».

    La découverte de gaz en Méditerranée orientale ces dernières années attise en effet des tensions dans une région déjà en conflit. Ce sont par exemple les querelles entre les Chypriotes et les Turques. Nicosie, soutenue par l’Union européenne, conteste les forages illégaux de la Turquie au large de l'île de Chypre.

     

    source: http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200228-liban-d%C3%A9but-forages-offshore

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  • Liban : quelles sont les armes françaises utilisées par la police face aux manifestants ?

    Plusieurs types de lacrymogènes, des munitions, ainsi qu'au moins un blindé utilisés par les forces de sécurité libanaises face aux manifestations qui secouent le pays depuis quatre mois ont été fabriqués par des entreprises françaises.

    Bonjour,

    Concernant les «violences policières au Liban», vous nous demandez si l'«on peut parler des armes françaises utilisées par la police antiémeute».

    Depuis le 17 octobre, les Libanais manifestent, dénonçant la corruption de la classe politique, la faiblesse des salaires et les difficultés économiques. L’une des réponses apportées à la contestation (outre le changement de gouvernement) a été le déploiement de policiers antiémeutes. Sans prétendre à un recensement exhaustif, certaines des armes qu’ils utilisent sont bien de fabrication française.

    «SAE Alsetex»

    Dès le 29 novembre, le média Middle East Eye (MME) remarque que les grenades lacrymogènes utilisées contre les manifestants libanais étaient fabriquées par une entreprise française spécialiste du secteur : Alsetex, à qui l’on doit également, entre autres, les dangereuses grenades GLI-F4 et GM2L, utilisées par les forces de l’ordre françaises.

    L’auteur de l’article de Middle East Eye, le journaliste Kareem Chehayeb, qui travaille également pour le média local d’investigation The Public Source, a lui-même retrouvé, après une manifestation, les restes d’une grenade CM6 (dont il publie une photo dans l’article de MEE).

    Des manifestants lui ont par ailleurs communiqué des photos (que nous avons pu consulter) de grenades CM4 et G1. Il s’agit de trois modèles de grenades lacrymogènes, dont certaines (au moins les CM4 et les CM6) ont été utilisées dès le 18 octobre, au lendemain du premier jour de mobilisation.

     

    De nombreuses photos publiées sur Twitter par des internautes se présentant comme Libanais, montrant des restes de ces engins lacrymogènes, confirment leur usage dans le pays. Les lettres «SAE» lisibles sur les photos ci-dessous renvoient au nom complet de l’entreprise «Société d’armement et d’études Alsetex».

    Certains de ces clichés témoignent de l’utilisation de dispositifs de propulsion à retard (DPR) de 50 mètres, 100 mètres, et 200 mètres, pour l’envoi des grenades. C’est-à-dire que celles-ci sont parfois tirées par les forces de l’ordre libanaises à l’aide de lanceurs. Dans cette vidéo du média Mégaphone (à 7 secondes), cinq DPR 200 dépassent du gilet d’un policier avec un masque à gaz. Ici (à 2 minutes 35), un manifestant tient dans les mains des grenades lacrymogènes et ce qui pourrait être des DPR.

    Lanceurs Cougar ?

    Les lanceurs de grenades utilisés par la police libanaise ressemblent fortement à un petit modèle de Cougar, le lanceur utilisé par les forces de l’ordre en France et également produit par Alsetex. Ils sont visibles sur plusieurs photos de ce diaporama, prises par l’AFP et AP.

    On voit également des policiers libanais utiliser ces lanceurs dans cette vidéo, ou encore celle-ci. Et surtout, pendant plusieurs minutes sur la séquence ci-dessous (que nous avons fait commencer quand on voit un policier recharger son arme avec une grenade lacrymogène).

    Cougar 12

    Plusieurs internautes ainsi que le collectif Désarmons-les ont aussi remarqué l’utilisation d’un lanceur de grenades à plusieurs canons, monté sur des véhicules des forces de l’ordre. Cet imposant dispositif visible sur plusieurs photos de l’AFP (ou là), et dans la vidéo ci-dessous, s’apparente au Cougar 12. Fabriquée par Alsetex, cette arme «reprend les canons des lanceurs monocoup Cougar» et «dispose de trois rampes de quatre canons» pouvant tirer au coup par coup ou par salve de quatre ou douze grenades, lit-on dans l’article consacré au salon de l’armement Milipol 2011 sur le site du ministère des Armées.

    Sans qu’il soit possible de connaître la part du Liban dans ce chiffre, Alsetex réalise «50% du chiffre d’affaires» à l’exportation, selon les déclarations de 2017 d’un responsable d’Alsetex dans le cadre de l’enquête sur la mort d’une salariée.

    Gazeuse

    Une autre arme lacrymogène française est utilisée par les policiers libanais. Il s’agit d’une «gazeuse», repérée et prise en photo par une manifestante libanaise en janvier. A CheckNews, elle assure avoir vu plusieurs policiers avec cet équipement en main, à plusieurs reprises.

    Sur la bouteille de cet aérosol, on lit «Gel», en lettres bleu blanc rouge, en dessous de ce qui ressemble à un drapeau français. Plusieurs sites de vente d’arme proposent un tel équipement, et on peut en voir une démonstration ici. L’inscription «fabriqué en France» est clairement lisible.

    SAPL

    Plusieurs internautes libanais ont également publié des photos de douilles. En témoigne la photo ci-dessous (étui noir), et un autre cliché posté dans les commentaires (étui rouge).

    Ces douilles sont siglées SAPL, pour société d’application des procédés Lefèbvre. Elles ont été retrouvées lors des récentes manifestations libanaises, nous indiquent les internautes qui en ont posté des photos (et qui nous en ont transmis d’autres).

     

    Comme le remarque auprès de CheckNews Aymeric Elluin, en charge du plaidoyer armes pour Amnesty International, ces étuis semblent correspondre aux munitions de la gamme «Gomm-Cogne» de l’entreprise SAPL (voir ici ou ). Selon le site de l’entreprise, il s’agit de «balles en caoutchouc» destinées à la «neutralisation» d’individus. La munition rouge «peut provoquer de graves blessures» si elle est tirée à moins de 10 mètres. La noire «peut entraîner des blessures mortelles» si elle est tirée sur une personne à moins de 35 mètres, écrit également SAPL.

    Dans ses brochures, l’entreprise revendique une collaboration avec plusieurs ministères, en France et dans «50 pays étrangers».

    Véhicule de l’avant blindé

    Enfin, il semblerait qu’au moins un blindé déployé lors des manifestations (visible ici ou ) soit fabriqué par le français Renault Truck Defense (devenu Arquus). Il s’agit vraisemblablement d’un VAB (véhicule de l’avant blindé). On trouve trace de ce véhicule au Liban au moins depuis 2008 (mais aussi en 2011, en 2012), notamment selon le site Military in the Middle East, vers lequel nous renvoie Aymeric Elluin.

     

    Relancé à de multiples reprises, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), qui encadre les exportations d’armes françaises, ne nous a pas répondu concernant ces différents matériels. Contactés, SAPL, le ministère de l’Intérieur libanais, et les forces de sécurité intérieure libanaises, n’ont pas non plus donné suite à nos demandes.

     

    sourcehttps://www.liberation.fr/checknews/2020/02/19/liban-quelles-sont-les-armes-francaises-utilisees-par-la-police-face-aux-manifestants_1776926

     
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