Coronavirus Maroc

  • Maroc: blindés dans la rue et chasse aux autorisations de sortie falsifiées

    Le gouvernement prolonge l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 20 avril et menace tout contrevenant d’amende et de peines allant d’un à trois mois de prison.

    Les Marocains ont contemplé la scène depuis leur balcon : des dizaines de personnes ont défilé dans la nuit du samedi 21 mars au dimanche 22 mars à Tanger, à Tétouan, à Salé et à Fès, bravant l’état d’urgence sanitaire décrété la veille, vendredi. « Allah Akbar ! Dieu est grand et seul à pouvoir nous aider à vaincre le coronavirus ! », ont scandé les fidèles, d’après les vidéos relayées par les médias marocains.

    Le conseil du gouvernement s’est réuni dans la foulée et a adopté, dimanche, deux projets de décret-loi visant à renforcer les sanctions. Le texte, qui prolonge l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 20 avril, prévoit notamment une peine d’un à trois mois de prison et une amende allant jusqu’à 1 300 dirhams (environ 124 euros) pour toute personne désobéissant aux autorités.

    Le royaume, où 134 cas d’infection au Covid-19 ont été recensés au 23 mars, dont quatre décès et trois rémissions, avait déjà pris des mesures strictes face à la propagation du virus. Depuis vendredi, des unités de blindés de l’armée patrouillent dans les grandes villes. Les policiers circulent dans véhicules munis de haut-parleurs et appellent les gens à rentrer chez eux. Les citoyens ne sont autorisés à sortir que pour se soigner, aller au travail ou faire des provisions. « On se croirait en temps de guerre. Dimanche, il n’y avait plus que l’armée et des sans-domicile fixe qui erraient tels des zombies », raconte Fatima, une mère de famille de 47 ans, à Casablanca.

    « Comportement exemplaire »

    Devant une pharmacie du centre-ville, les clients font la queue à l’extérieur, le visage masqué, gardant un mètre de distance entre eux. « A part, quelques exceptions qui sèment le trouble, les Marocains font preuve d’un comportement exemplaire et respectent à la lettre les consignes de sécurité. Je crois qu’ils ont vraiment peur : ils ont compris que si ça va loin, on risque très gros », reconnaît une pharmacienne. Le pays compte deux centres de dépistage, à Rabat et Casablanca, et 1 640 lits en service de réanimation dans les secteurs public et privé pour ses 35 millions d’habitants. « Nous nous préparons depuis le mois de janvier et l’épidémie est encore sous contrôle au Maroc. Mais nos capacités sont limitées, prévient le docteur Kamal Marhoum Al-Filali, chef de service des maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd de Casablanca. Notre système est mis à rude épreuve. Il nous faut donc retarder au maximum le risque de pic de grande amplitude qui, cette fois, serait très difficile à gérer. »

    Si l’annonce du confinement a été bien accueillie par la population, la décision de fermer les mosquées a toutefois été critiquée par certaines figures du mouvement salafiste au Maroc, comme le cheikh controversé Abdelhamid Abou Naim, arrêté le 17 mars pour avoir publié une vidéo dans laquelle il qualifiait la décision d’« illégale du point de vue de la charia » et tenait des propos jugés comme « incitant à la haine et menaçants à l’égard des citoyens ». Vendredi, jour de la grande prière hebdomadaire, quelques personnes se sont présentées devant les portes des mosquées pour tenter de prier en groupe, en dépit des restrictions.

     

    « On travaille jour et nuit pour faire comprendre aux gens que tout cela est fait pour leur sécurité. On fait de la prévention, on leur explique que rester chez soi, c’est aujourd’hui un acte patriotique. Mais il nous faut parfois lutter contre les mentalités et ça, c’est rude. Si les gens continuent à adopter des comportements irresponsables, on risque de finir comme l’Italie », explique, désabusé, un agent d’autorité qui souhaite rester anonyme.

    La tâche s’avère particulièrement rude dans les quartiers populaires et les périphéries des grandes villes, où les logements sont précaires et le mode de vie incite à la proximité. « Les gens continuent de vivre dehors, en communauté, témoigne Brahim, un transporteur dans le quartier d’Al-Oulfa, à Casablanca. Le pire, c’est quand le moqaddem est arrivé pour distribuer l’autorisation de sortie, les gens se sont attroupés. Je me demande si ce n’est pas dans ces moments-là justement que l’on propage le virus. »

    Trafic d’attestations

    Les moqaddem, agents d’autorité des quartiers, sont chargés de distribuer et de signer les autorisations de circulation. Une disposition qui a créé la confusion ce week-end. « Au fil des heures, on a vu des gens recommencer à sortir parce qu’ils ont demandé une autorisation ou parce qu’ils l’ont falsifiée. A quoi sert l’interdiction de sortie si tout le monde réussit à avoir une dérogation ou la trafique ? », s’interroge Ibtissame, une consultante trentenaire. Deux personnes soupçonnées d’avoir copié et vendu ces autorisations exceptionnelles ont d’ores et déjà été arrêtées. Le ministre de l’intérieur a annoncé, lundi, que les attestations de déplacement dérogatoires seraient bientôt disponibles en version électronique.

    A Casablanca, où le temps paraissait suspendu depuis l’annonce du confinement, les rues désertées de la tentaculaire capitale économique ont petit à petit repris vie. Lundi matin, des véhicules munis d’une autorisation sillonnaient de nouveau les grandes artères de la ville. Mais le renforcement des contrôles policiers et des sanctions va peut-être décourager les contrevenants. Plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont également fait état de contrôles musclés de passants. En réaction à ces images, le ministre de l’intérieur, Abdelouafi Laftit, a estimé lundi qu’il était « normal qu’après plusieurs rappels à l’ordre, les forces de l’ordre s’énervent ».

    Depuis dimanche, deux individus ont été arrêtés à Tanger pour « incitation collective à la désobéissance » et une vingtaine de personnes accusées de propager des fausses rumeurs ou d’appeler à la désobéissance ont également été arrêtées ces derniers jours dans plusieurs villes du Maroc, selon la sûreté nationale marocaine.

     

    source: https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/03/23/coronavirus-le-maroc-durcit-ses-mesures-de-confinement_6034147_3212.html

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  • Coronavirus : le Maroc veut généraliser le recours à la chloroquine

    Le Maroc est décidé à recourir à la chloroquine, le traitement testé par le professeur Didier Raoult à l'IHU Méditerranée de Marseille, pour le traitement des patients souffrant de la maladie du Covid-19, a-t-on appris aujourd'hui de source officielle à Rabat.

    Une circulaire du ministère marocain de la Santé, adressée lundi aux centres hospitaliers et aux directeurs régionaux de la Santé, appelle à "l'introduction de la chloroquine et de l'hydroxychloroquine (deux antipaludéens) dans la prise en charge thérapeutique des cas confirmés de Covid-19".

     

    "Des efforts ont été déployés afin d'assurer la disponibilité de ces médicaments", ajoute le ministère dans cette note dont l'AFP a eu copie, qui appelle toutefois à une "gestion rationnelle des stocks".

    Rabat avait demandé la semaine dernière à la filiale marocaine du groupe français Sanofi de remettre tout son stock de Nivaquine et de Plaquenil, médicaments qui contiennent de la chloroquine.

    Pour prendre leur décision et établir un protocole thérapeutique, les autorités se sont concertées avec un comité technique et scientifique qui a préconisé une association chloroquine et azithromycine, un antibiotique macrolide, selon la note ministérielle.

    La chloroquine, peu onéreuse et utilisée depuis plusieurs décennies, est souvent recommandée lors de voyages en zone infestée par le parasite du paludisme, transmis par certains moustiques.

    Lundi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a toutefois appelé à la prudence concernant la chloroquine, en raison du faible nombre de patients traités jusqu'à présent par ce biais.

    Après une série d'essais en Chine, la France a décidé lundi d'administrer ce traitement aux malades souffrant de "formes graves" de la maladie du Covid-19, mais pas aux formes "moins sévères". Le président américain Donald Trump a lui évoqué un possible "don du ciel".

    Le ministre marocain du Transport, Abdelkader Amara, testé positif au Covid-19 le 14 mars au retour d'une mission en Europe, avait déjà confié prendre de la Nivaquine, un "médicament indiqué dans le traitement de la malaria, fabriqué au Maroc".

    "Mon état de santé et stable, je n'ai pas de fièvre, ni de symptômes respiratoires. Les maux de têtes ont quasiment disparu. Je ressens juste un peu de fatigue", a déclaré le ministre, confiné chez lui, dans un entretien avec la chaîne Medi 1.

    Le Maroc, en état d'urgence sanitaire depuis vendredi soir, compte à ce jour 143 cas officiellement déclarés, dont quatre décès et cinq rémissions, mais avec moins de 800 tests menés au total. Le pays dispose de trois centres de dépistage et de 1.642 lits en réanimation pour 35 millions d'habitants. 

     

    source: https://www.laprovence.com/actu/en-direct/5942930/coronavirus-le-maroc-veut-generaliser-le-recours-a-la-chloroquine.html

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