Corée du Sud

  • Coronavirus : pourquoi une secte chrétienne de Corée du Sud est accusée d’avoir propagé l’épidémie

    L’Église évangéliste Shincheonji et ses 150 000 membres sont suspectés d’avoir contribué à la propagation du virus en évitant les dépistages. Avec plus de 830 personnes contaminées, la Corée du Sud devient le second pays le plus touché par l’épidémie.

    En Corée du Sud, l’inquiétude et la colère grandissent au fur et à mesure que les statistiques autour du Coronavirus tombent. Selon le gouvernement, plus de 830 personnes ont été contaminées par le Covid-19 dont 70 pour la seule journée de lundi, tandis que sept patients ont déjà perdu la vie.

    Si la propagation du virus inquiète, c’est surtout l’influence d’une secte chrétienne qui est pointée du doigt ces derniers jours. L’Église évangéliste Shincheonji, de la ville de Daegu, dans le sud du pays, est accusée d’avoir favorisé la propagation de l’épidémie, notamment en dissimulant certains cas suspects. Environ 1250 de ses membres présenteraient les symptômes du Covid-19.

    Dix-huit d’entre eux rentraient d’ailleurs d’un pèlerinage en Israël où deux cas ont été déclarés là-bas. Le ministère de l’Education a ordonné à 180 écoliers, scolarisés dans trois établissements à travers le pays, de rester chez eux pendant 14 jours après avoir rencontré lors d’excursions ces pèlerins chrétiens. Le ministère de la Santé a publié samedi sur son site le détail des visites des touristes sud-coréens, demandant aux Israéliens ayant été en contact avec eux de se mettre en quarantaine et de contacter les autorités sanitaires.

    Une patiente au cœur de la secte

    « Contrairement à d’autres églises, Shincheonji fait asseoir ses membres sur le sol étroitement ensemble pendant les services », ce qui peut favoriser la contagion, explique un ancien membre de la secte au New York Times. « Nous n’étions pas censés avoir quoi que ce soit sur nos visages, comme des lunettes ou des masques. » Depuis, un demi-million de personnes ont signé une pétition sur le site Internet du siège de la présidence sud-coréenne, demandant la dissolution de l’Église Shincheonji de Jésus.

    Une adepte de l’église Shincheonji, une femme de 61 ans atteinte du coronavirus, connue sous le nom de patient n°31, est suspectée d’être la cause de nombreuses contaminations. Comme le rapporte le New York Times, la femme s’était présentée à l’hôpital de Daegu le 7 février, après un accident de la route mineur. Le lendemain, elle s’était plainte d’un mal de gorge mais avait tenu à assister à un office religieux de Shincheonji le surlendemain. Une semaine après le début des symptômes, elle assista de nouveau à un service religieux de la secte. Près de 1000 personnes auraient été présentes à l’une des deux cérémonies.

    Alors que les médecins recommandaient un dépistage au coronavirus dans un grand hôpital, la jeune femme a refusé, arguant qu’elle n’avait pas été en Chine récemment, avant de changer d’avis, voyant ses symptômes s’aggraver. Depuis, plus de 1250 autres membres ont signalé des symptômes du Coronavirus aux autorités.

    Une église ouverte à Wuhan

    Les raisons de la contamination du patient n°31 ne sont pas encore connues. Mais selon l’agence de presse sud-coréenne Newsis, Shincheonji avait ouvert une église à Wuhan l’année dernière, une information que n’a pas confirmée la secte. L’église est suspectée de faire du prosélytisme parmi les Coréens expatriés dans le nord-est de la Chine, dont beaucoup avaient été invités à venir en Corée du Sud.

    D’autre part, la femme de 61 ans s’était rendue début février en pèlerinage à Cheongdo, ville de naissance du gourou Lee Man-hee, à 40 km de Daegu, et second foyer de l’épidémie du pays. Selon Newsis, elle aurait profité d’un bain public sur place. Plus d’une centaine de cas de coronavirus ont été rapportés à l’hôpital de Cheongdo.

    Selon le New York Times, des adeptes de la secte auraient enjoint les autres fidèles à poursuivre leur travail d’évangélisation, malgré l’épidémie, ainsi que de cacher leur appartenance à l’église auprès des fonctionnaires d’Etat.

    Dans un communiqué publié sur son site, Shincheonji déclare que « ses fidèles sont également des victimes. Veuillez vous abstenir de la haine et des critiques infondées contre nos fidèles. » Le gourou, M. Lee a lui-même demandé à ses fidèles de « suivre les instructions du gouvernement ». À 88 ans, il revendique avoir repris le rôle de Jésus Christ et promet d’emmener 144 000 personnes avec lui au paradis le jour du Jugement dernier.

    Confinement et dépistage massif dans la ville foyer

    Selon le quotidien local Chosunilbo, parmi les 9334 membres de la secte enregistrés à Daegu, 670 sont encore introuvables. La police coréenne s’est lancée dans une course contre la montre en envoyant 600 agents pour les retrouver et éviter que le foyer de Coronavirus ne s’étende à d’autres villes. En outre, 25 bâtiments appartenant à la secte ont été fermés par les autorités depuis le début de l’épidémie. La ville de Daegu est actuellement en confinement et il est demandé aux 2,5 millions habitants de rester chez eux.

     

    Alors que le président Moon Jae-in a activé le niveau d’alerte sanitaire maximal pour la première fois depuis l’épidémie de grippe aviaire en 2009, les autorités vont procéder au contrôle d’environ 28 000 personnes à Daegu. La compagnie aérienne Korean Air a par ailleurs suspendu ses liaisons avec la quatrième ville du pays, jusqu’à la fin mars.

     

    source: https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/coronavirus-pourquoi-une-secte-chr%c3%a9tienne-de-cor%c3%a9e-du-sud-est-accus%c3%a9e-davoir-propag%c3%a9-l%c3%a9pid%c3%a9mie/ar-BB10k2kI?li=AAaCKnE&ocid=UP97DHP

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  • Corée du Sud : une secte chrétienne au cœur d’une explosion des cas de coronavirus

    En l’espace de trois jours, le nombre de patients atteints par le coronavirus a été multiplié par six en Corée du Sud, atteignant 208 ce vendredi 21 février. Une église au “culte controversé” située dans la ville de Daegu a joué un rôle majeur dans la propagation du virus.

    “La Corée du Sud submergée par le nombre grandissant de nouveaux cas de coronavirus”, alerte sur son site le journal anglophone The Korea Times, qui consacre aussi sa une à la progression de l’épidémie, ce vendredi 21 janvier. En l’espace de trois jours, le nombre de cas avérés de coronavirus a en effet été multiplié par six, pour atteindre 208, faisant de la Corée du Sud “le pays le plus touché derrière la Chine et le Japon”souligne le South China Morning Post depuis Hong Kong.

    Ce pic d’infections est étroitement lié à un endroit en particulier dans le pays, relate encore le journal hongkongais : “Plus de six patients sur dix en Corée du Sud ont des liens avec l’église Shincheonji de Jésus à Daegu, une paroisse que les Églises traditionnelles décrivent comme un ‘culte de l’apocalypse’, et qui rassemble 200 000 fidèles dans le pays.”

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  • La Corée du Sud compte utiliser des caméras dotées d’une IA capable d’anticiper la criminalité

    Projet à la Minority Report, dont l’ambition reste discutable

     

    Parue ce 2 janvier dans ZDnet, la nouvelle nous plonge tout droit dans un film de science-fiction. La Corée du Sud a pour projet d’installer 3000 caméras dotées d’intelligence artificielle dans sa capitale, toutes prétendument capables d’anticiper les crimes sur le point de se commettre.

    Les autorités veulent s’appuyer sur l’intelligence artificielle pour prévenir la criminalité

    « Des caméras dotées d’un logiciel d’intelligence artificielle (IA) seront ainsi installées à Séoul au cours de l’année, comme l’a fait savoir le gouvernement sud-coréen » a rapporté ZDnet.
    Les caméras seraient ainsi capables de repérer un comportement suspicieux, exemple : si quelqu’un marche normalement, ou si une personne est suivie. D’autre part le journal rapporte que les appareils parviendront à détecter ce que les passants portent, autrement dit des accessoires susceptibles d’être utilisés pour commettre un crime.

    Il semblerait que ces caméras soient conçues pour identifier un taux d’éléments suspicieux à ne pas dépasser, et lorsqu’un certain seuil sera potentiellement atteint, « les caméras alerteront le bureau de district et les postes de police voisins pour qu’ils envoient du personnel sur les lieux. ».

    Pour pouvoir réaliser une telle chose, le district de Seocho et ETRI prévoient d’analyser 20 000 contenus (éléments de condamnation ou images de crime) pour entraîner les caméras à reconnaître des « modèles de crime » et à les mémoriser : « Les caméras pourront comparer si ce qui est filmé actuellement correspond à des modèles de criminalité antérieurs. ». C’est à se demander si les autorités ne font pas directement référence au film de S. Spielberg : « Cela fonctionnera comme une forme de déjà-vu », a expliqué un porte-parole de l’ETRI.

     

    Le district de Seocho, capitale de la Corée du Sud, et l’Institut de recherche en électronique et en télécommunications (ERTI), ont ainsi déclaré souhaiter installer 3 000 caméras dans la capitale d’ici juillet 2020 : « Ces caméras utiliseront un logiciel d’IA qui traite l’emplacement, l’heure et le comportement des passants pour mesurer la probabilité qu’un crime soit commis. ».

    Le projet est en cours, seulement, et les caméras placées dans la capitale seront sans doute considérées comme un premier test du logiciel en question. Le développement de celui-ci devrait se terminer en 2022 est-il rapporté.

    Une technique de prévention remise en cause

    Ce type de caméras a déjà été envisagé par d’autres organismes. Ring, filiale d’Amazon depuis 2018, souhaitait intégrer un logiciel d’IA identique à ses sonnettes à reconnaissance faciale aux États-Unis. L’objectif étant d’intégrer un système à ces sonnettes de particuliers, capable de reconnaître un comportement suspicieux.

    Néanmoins les experts légaux et avocats privés ont fait part de leurs inquiétudes, à l’instar de Liz O’Sullivan, directrice technologique du Projet de supervision des surveillances technologiques, considérant que « toutes les tentatives IA testées pour détecter des comportements suspicieux à l’aide de la vidéosurveillance sont une supercherie ». Selon elle, la création de listes de surveillances automatisées serait extrêmement dangereuse. Et cette avocate rappelle un principe qui est manifestement ignoré en Corée du Sud : « il n’existe pas de consensus scientifique pour une définition claire d’un comportement suspicieux capable d’être établi sous forme biométrique. La question importante à poser c’est, Qui doit décider si un comportement est suspicieux ? Et la manière dont je vois l’industrie tenter d’y parvenir, relève simplement de l’approximation. ». La police doit être impartiale pour que notre société fonctionne, précise-t-elle, et tous doivent être égaux devant la loi, pas devant les algorithmes.

    D’autre part, les inconditionnels de Minority Report se souviennent bien entendu du problème éthique soulevé au cours de la première arrestation : est-on coupable d’un crime qui n’est pas encore commis ? Aucune précision n’est faite sur les éventuelles peines encourues par les personnes qui seront interpelées à l’aide de ces caméras en Corée du Sud…

    source:https://siecledigital.fr/2020/01/02/la-coree-du-sud-compte-utiliser-des-cameras-dotees-dune-ia-capable-pour-anticiper-la-criminalite/

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