Bulgarie

  • Bulgarie: un journaliste d’investigation a été violemment agressé

    INTIMIDATION Cette personnalité médiatique a été violemment agressée et hospitalisée avec de nombreuses blessures, à Sofia

    Un journaliste d’investigation bulgare a été roué de coups par deux hommes masqués et armés de barres de fer, ce mardi, devant son domicile, alors qu’un troisième agresseur filmait l’attaque, selon son témoignage qui a été publié dans le journal 24 tchassa. « La version privilégiée de l’enquête est une attaque commanditée, liée à son travail », a déclaré un haut responsable du ministère de l’Intérieur, Ivaïlo Anguelov.

    Rédacteur en chef de l’hebdomadaire 168 tchassa, Slavi Anguelov a une longue carrière d’investigateur sur des sujets criminels et d’atteintes à l’environnement. « L’attaque contre [lui] constitue une menace (…) pour tous les journalistes en Bulgarie », déclare la section bulgare de l’Association des journalistes européens, qui a saisi le Conseil de l’Europe.

    « Identifier rapidement les responsables »

    L’association appelle les autorités à « sanctionner non seulement les auteurs, mais aussi les commanditaires de cet acte cruel ». L’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) a appelé les autorités à « identifier rapidement les responsables » de l’agression pour les traduire en justice.

    « Il s’agit d’un acte d’intimidation inacceptable contre ce journaliste, lequel aurait pu mener à sa mort », a déclaré Harlem Désir, représentant de l’OSCE pour la liberté des médias. « Si elles restent impunies, de telles attaques brutales peuvent créer une ambiance de peur au sein de la communauté des médias », a-t-il ajouté.

    Une enquête bâclée, selon RSF

     

    En octobre 2018, la journaliste Viktoria Marinova avait été violée et tuée dans un parc à Roussé (nord), alors qu’elle lançait un programme télévisé d’investigation. La justice n’avait trouvé que « des motifs sexuels sans lien avec les activités professionnelles » de la victime de ce crime, dont l’auteur a été condamné à trente ans de prison.

    L’ONG Reporters sans frontières (RSF) avait dénoncé « une volonté affichée des autorités d’étouffer cette affaire en bâclant l’enquête ». La Bulgarie occupe le 111e rang, bon dernier de l’Union européenne, dans le classement mondial de RSF. Cette ONG constate que « la corruption et la collusion entre médias, politiques et oligarques sont extrêmement courantes ».

     

    source: https://www.20minutes.fr/monde/2743847-20200319-journaliste-investigation-violemment-agresse-bulgarie

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  • Bulgarie: une crise de l'eau débouche sur une crise politique

    En Bulgarie, la mauvaise gestion des ressources par les pouvoirs publics, qui oblige une ville de 100 000 habitants à rationner l'eau, a débouché sur une motion de censure de l'opposition, finalement rejetée par le parti au pouvoir ce 29 janvier.

    Ce 29 janvier, en Bulgarie, le parti du Premier ministre Boïko Borissov et ses alliés d'extrême droite ont rejeté une motion de défiance par 124 voix contre 109. L'opposition avait proposé ce vote la semaine dernière, suite aux crises environnementales dans le pays, rappelle notre correspondant sur place, Damien Vodenicharov.

    Après une chute spectaculaire du niveau d'eau du lac qui l'alimente, Pernik, une ville industrielle de 90 000 habitants située à 20 kilomètres au sud de la capitale Sofia, est ainsi soumise à une pénurie d'eau et à un rationnement. Situé au pied du Mont Vitocha, le massif qui surplombe Sofia, le barrage de Stoudena est pratiquement vide. Rationnés, les 97 000 habitants de Pernik et plusieurs localités alentours n'ont accès que six heures par jour à une eau trouble et non potable.

    Le ministre de l'Environnement, Neno Dimov, a été arrêté pour « mauvaise gestion préméditée » et mis en examen pour ne pas avoir coupé l'alimentation des usines malgré les rapports indiquant un déficit d'eau. Les autorités locales, issues du parti GERB (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie) du Premier ministre, ont quant à elles rechigné à instaurer un rationnement avant les élections municipales d'octobre, de peur de perdre des voix.

    Mauvais état des infrastructures

    La crise de Pernik a aussi mis en lumière l'usure des infrastructures de distribution en Bulgarie, qui laissent s'échapper environ 60% de l'eau avant qu'elle ne parvienne aux consommateurs. À Pernik, les pertes s'élèvent à 75% dans ces canalisations datant des années 1960-1970. À cause de cette situation, 315 000 personnes dans ce pays de 7 millions d'habitants sont soumises à des restrictions d'eau régulières, surtout en été.

    Le gouvernement a promis que 900 millions d'euros seraient utilisés d'ici deux ans pour rénover les canalisations, un chantier évalué à 6 milliards d'euros au total. Si rien n'est fait pour Pernik, il n'y aura plus d'eau en avril, ont averti les pouvoirs publics. Pour maintenir l'approvisionnement six heures par jour, le gouvernement prévoit de dérouter, via Sofia, de l'eau d'un autre barrage. Reste à installer à temps les 13 kilomètres de tuyaux de ce raccordement.

    La Bulgarie fait par ailleurs face à une autre crise environnementale. Des déchets illégaux en provenance d'Italie sont stockés à travers le pays, alors que des centrales thermiques veulent les utiliser comme combustible à la place du charbon.

     

    source: http://www.rfi.fr/fr/europe/20200129-bulgarie-crise-eau-devient-politique

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